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L’autre jour j’ai vu Téhéran pas la ville le film de Nader Homayoun que personne connaît mais vu la tagline tu penses bon walà c’est le genre de truc qui décroche des palmes, des lions, des ours tavu. J’étais avec Hossein le mec qui à la fois il était champion de tennis et à la fois il écrit dans Technikart des critiques de cinéma autant dire que je me suis concentrée pendant 90 minutes pour savoir qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire de clever sur le film vu que -soyons honnête- je vais au cinéma avec un homme qui n’est ni mon père ni Jean j’ai donc envie de le pécho.

Dès le début c’était mal parti anyway il m’a fait tu connais le cinéma iranien ? Moi j’avoue je connaissais pas alors dans la panique comme j’allais quand même pas lui dire que j’aimais pas le 7ème art (rappel : je veux pécho) j’ai répondu je préfère le cinéma asiatique mensonge héhonté s’il en est car mon personnal record dans cette catégorie s’élève au nombre de un, c’était In the Mood for Love, et j’ai détesté. Il s’est pas démonté Ben tu verras, 60% des films iraniens parlent de gamins qui cherchent un truc.

Il avait presque raison parce qu’en utilisant le cerveau qui me restait pour comprendre le film (suivre une histoire sur un écran de plus de vingt minutes n’est un défi intellectuel de taille pour personne sauf pour moi, a fortiori quand je suis déjà très concentrée sur le problème suivant : H est-il choppable, oui, non, NSPP), celui-là fait partie des 40% qui restent : des histoires de mecs qui cherchent des gamins.

Je suis trop fière d’avoir tenu le coup donc je t’explique les gros. Il était donc une fois un mec Ibrahim qui vit à Téhéran d’une activité pleine d’avenir : il a loué un bébé pour faire la manche, et sa startup est en pleine croissance jusqu’au jour où son frère perd le gosse. Ce noob l’avait filé à une prostituée (HABILE) pendant qu’il cherchait un hôtel pour coucher avec some bitch (any bitch en fait vu qu’il est vierge il n’est pas regardant). Total je ne tache pas frère ça met pas mal Ibrahim grave dans la de-mer parce que le loueur du baby veut récupérer sa maille alors il fait usage de la coercition (lol on dirait je bosse aux stups) sur Ibrahim qui est obligé de faire des choses pas très catholiques (ce qui pourrait être une bonne chose en Iran, mais non) pour rembourser sa dette. Alors oui bon d’accord dans le film tu mates la somme tu te dis sérieux tout ça pour le prix d’un sac Darel ouais mais gros je te rappelle c’est des sous dev donc chez eux ça fait grave cher. Bref fini la parenthèse macroéconomie avancée, comme si tout ça n’était pas suffisant, dans le tableau il y a aussi la femme d’Ibrahim qui rentre de la campagne enceinte jusqu’aux dents (enfin jusqu’au tchador) et qui se met en tête de lui filer un coup de main. Tavu l’embrouille ou quoi ? En somme j’ai particulièrement apprécié car la sévérité du réalisme a su mettre en relief l’appreté de la misère humaine, tout en annihilant les pensées destructrices propres à la figure traditionnelle du père (LOL).

On est sortis de là avec Hossein ça nous a un peu foutu le seum l’avantage c’est que j’ai pas eu à sortir une critique intelligente (j’aurais dit un truc du genre « c’était bien » ce qui n’est pas exactement au niveau dans un contexte de drague où l’intelligence est valorisée) l’inconvénient c’est que c’était pas le genre de film qui te met dans une ambiance choppe.

Donc globalement, c’est l’échec.

3 réflexions sur “Un film iranien est-ce un bon plan quand on veut rouler des galoches ? Non.

  1. Ce film était en avant-première lors de la 1ère Semaine culturelle iranienne à Strasbourg, manifestation qui sera proposée à nouveau l’an prochain http://www.semaineiranienne.eu (désolé pour le petit coup de pub).

    La salle était pleine (et pas uniquement d’iraniens) et Nader Tak Homayoun était présent pour l’occasion. Il disait justement qu’il tacherait dans son prochain film de ne parler ni de gamins qui cherchent un truc ni de mecs qui cherchent un gamin. Mais je crois que ce choix constitue une erreur stratégique et géopolitique majeure.

    Sinon bravo pour ton post, ton blog, ta vie, ce que tu es, ce que tu fais, ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu ne dis pas aussi d’ailleurs.

    j’aime bien ton imagination tropicale.
    baisers

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  2. « J’ai particulièrement apprécié car la sévérité du réalisme a su mettre en relief l’appreté de la misère humaine, tout en annihilant les pensées destructrices propres à la figure traditionnelle du père. »

    …Espece de (saleté de) Science Po, va… 😉

    Par contre, j´adore l´imagination tropicale (ca t´a couté combien?) (J´achéterais bien AUSSI un commentaire de Tav)

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