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Ah oui : inviter un parfait inconnu à dormir chez moi, comme si les actualités au sujet de tous ces psychopathes en libre circulation n’avaient pas déjà suffi à faire de moi une paranoïaque.

Quand le brave Christophe est arrivé jeudi soir dernier, j’étais pleine de bonnes intentions citoyennes du monde (j’avais fait un gâteau) et je lui ai souhaité la bienvenue à lui et son énorme malle remplie de matériel de la photographie. Il s’est tout de suite senti très à l’aise puisqu’il m’a demandé si je pouvais lui donner une bière pour aller avec le gâteau et quand est-ce qu’on passait à table parce qu’il avait assez faim. Il avait un maillot de corps  beige très moulant, des yeux qui étaient bleus mais c’est pas pour ça qu’ils étaient beaux, et il parlait comme un chirurgien avant un triple pontage sur Barack Obama.

Il n’avait pas l’air extrêmement homosexuel.

Il n’avait pas l’air hyper méchant.

Il n’avait pas l’air très timide.

Il avait l’air bizarre à gogo.

Il me racontait sa vie de voyageur photographe, et alors qu’on badinait sur comment c’est chouette la Russie (personnellement, je tiens ce pays en haute estime), il a vu mon Lomo sur la commode et m’a demandé si j’aimais aussi prendre des photos (oui), de quoi (des bâtiments et des fenêtres, principalement), pourquoi pas des gens (je ne sais pas), si j’aimerais prendre des gens en photos (pas trop), et si je ne voudrais pas commencer par le prendre en photo (non) par exemple devant le miroir, la lumière est tellement belle (la lumière n’est pas belle : c’est la nuit Ducon). Tu veux voir mes photos de bâtiments du coup ? il a fait en allumant son ordinateur.

J’ai dit pourquoi pas, parce que j’étais soulagée qu’il abandonne le coup des photos à oualpé, mais après quelques vues panoramiques de  murs blancs et autres clochers portugais, il a ouvert un dossier en faisant oooops je me suis trompé, ça c’est une série d’autoportraits, avec l’air du type qui ne s’est pas du tout trompé.

En deux secondes, j’ai eu sous les yeux une série de clichés le mettant en scène dans le plus simple appareil, au milieu d’un décor imitant une version stylisée du Jardin d’Eden (la narratrice attire votre attention sur l’ironie du détail).

—> C’est ici que vous pouvez commencer à vous demander pourquoi je n’ai pas choisi ce moment-là pour lui suggérer de partir de chez moi (je ne sais pas).

Au lieu de ça j’ai fait bon, je suis fatiguée, on va faire dodo maintenant.

Je n’ai plus de vêtements propres, il a fait, je peux dormir sans caleçon ?

….

(Mais il se fait tard, je vous raconterai la suite demain).

9 réflexions sur “Oui donc, j’en étais où ?

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