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(qui venait à Berlin on ne sait pas trop pourquoi, maintenant que j’y pense) alors tu viendras avec moi, j’avais fait à la Baronne. Pourquoi ?, elle a répondu de l’air de celle qui sait très bien pourquoi, mais qui veut qu’on la supplie (c’est bien le problème avec la Baronne, le coup des supplications). Vas-y fais pas ta pute s’il te plait Baronne, j’ai fait, si tu viens, je te promets qu’on ira faire du sport et après on mangera de la soupe (la Baronne est très wellness et toutes ces conneries : mais honnêtement c’est récent, parce que quand on habitait ensemble, ce n’était pas la dernière pour bouloter les chockobons)(je crois que son petit ami a une très mauvaise influence sur elle).

Bon d’accord, je viens, elle a fini par me concéder – pas par bonté HIN, mais plutôt poussée par la curiosité, car cet ex-là, elle n’avait jamais eu l’occasion de faire sa connaissance (en partie parce que nous nous sommes connus dans des contrées lointaines et peu hospitalières).

Quand on est arrivé au lieu du rendez-vous (en bas de chez moi, car honnêtement je n’avais pas trop envie de me fatiguer), il était déjà là (je me suis vénère un paquet de fois parce qu’il était toujours en retard, donc je pense qu’il a souhaité y mettre du sien – et grand bien lui fasse).

Mis à part la ponctualité, il n’avait pas du tout changé. C’est à ma connaissance le seul être humain au monde capable de porter un trench coat et des mocassins bleu ciel à glands sans avoir l’air d’un con gay.

Bonjour, il a fait. Salut, j’ai répondu. Il a souri. J’ai souri. Tu connais la baronne ? j’ai dit en sachant très bien qu’il ne connaissait pas la Baronne. Salut la Baronne, il a répondu, en s’excusant de ne pas la connaitre (il s’excuse tout le temps).

On a commandé des rafraichissements, et il s’est excusé de ne pas trop aimer le café. On a discuté des sujets qui lui tenaient à cœur, et puis il s’est excusé de ne pas les expliquer assez bien (ni assez longuement) avant de s’excuser de nous demander ce qu’on avait de prévu pour le reste de la vie journée. Sur ce, il nous a raconté comment c’était la Chine après que je sois partie (dans une autre vie j’habitais un appartement à Shaanxi Nan Lu avec lui, une call girl chinoise et un autre homme que je soupçonnais de faire du trafic d’opium), et j’ai appris qu’il avait fini par abandonner les petits déjeuners quotidiens au Starbucks pour s’aventurer du côté des raviolis. Il m’a aussi raconté que les nouveaux chiens de la coloc chinoise avaient fait plusieurs fois caca dans sa chambre et son bureau, et que c’est pour ça qu’il avait déménagé. Et puis après il a parlé de l’harmonie empirique que confère le chaos urbain quand il est plongé dans la solitude de la vie.

Au risque de me répéter : il n’avait pas trop changé.

Il est rigolo, elle m’a fait la Baronne après la fin du café, il doit être bien en ami. T’as bien fait de le larguer. 

« bien fait de le larguer » ?

Pas mieux.

4 réflexions sur “Samedi matin, je devais boire un café avec mon ex

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