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alors on avait décidé de célébrer ensemble le bicentenaire les dix ans du début de nos études (je sais que j’ai l’air d’avoir quinze ans d’âge mental mais à vrai dire je suis vieille), et on avait décidé de faire ça avec beaucoup d’alcool panache à l’aide de petits fours au saumon et autres tartines de pâté. On ne s’était pas vu depuis quelques années, tous autant que nous sommes à vaquer à des occupations de type avancement de carrière et fondation de famille – il est loin le temps des vodka pomme sur fond de Dragostea din tein (que sont devenus ces gens roumains de O-zone ?). Bref, on passé le premier quart d’heure à constater qu’on avait tous pris dix kilos avant de se congratuler mutuellement sur le fait qu’on avait pas changé puis de mener l’investigation sur nos vies respectives.

Il se trouve qu’on fait tous des trucs chouettes, et totalement en rapport avec le droit constitutionnel et autres finance d’entreprise comme étudier la Bible à Jérusalem rencontrer le père de ses enfants dans un bus, passer à la tévé avec des vestes Quechua, photographier des enfants noirs, épouser des Mexicains, faire le DJ dans les soirées branchées de Tel-Aviv, écrire des thèses, finir des thèses, sauver la planète et des tas d’autres trucs.

Franchement, on a bien rigolé à cette soirée, d’une part parce que le DJ était assez compréhensif rapport à notre amour immodéré pour la musique de qualité, d’autre part parce que mon verre de mojito se remplissait tout seul. Tout cela mettait les gens de très bonne humeur et encourageait donc les conversations de haut vol sur des sujets d’actualité brûlante (au hasard de mes trajets bar-dehors-bar-dehors est-ce que les gens sucent après la sodomie ? puis-je emporter mon Marc Jacobs aux toilettes ? je voudrais me procurer de la drogue, comment faire ? et beaucoup d’autres piste de réflexion à creuser).

A un moment, la terre entière était là, même ta mère Aurèle – et puis je me suis perdue (comment ? je ne sais pas), j’ai été retrouvée, c’est le moment que j’ai choisi pour vomir copieusement dans mes mains (à défaut de vomir dans mon sac) avant de me les essuyer sur ma jupe (comme de bien entendu) et d’engager la conversation avec Nono pour lui préciser quelque chose de très important en rapport avec des tartines de pâté.

J’en ai profité pour re-vomir dans mes mains, et je crois que c’est à ce moment là que ma Muse, venue de Bruxelles exprès pour l’occasion, a décidé qu’il était grand temps d’organiser un convoi retour dans le 15e (chez la Princesse, qui avait lâché l’idée d’aller au Truskel « parce qu’il n’y a que des lycéens par là-bas »)(cette femme passe son temps libre à coudre des éléphants en peluche, alors j’aime autant vous dire qu’elle en connait un rayon sur la maturité).

On s’est mis en route pour trouver un taxi, et j’ai vomi dans la rue. Ma muse a fait ça va ? Aurèle a fait spagrave.
(A ce stade de l’histoire, ce que vous pensiez déjà se confirme : j’ai dix-neuf ans et comme je n’habite plus chez mes parents je passe mes soirées à boire des vodka pommes au lieu de faire mes exposés de droit constit)
On a trouvé un taxi, et j’ai vomi dans le taxi. Ma muse a fait ouvre la fenêtre!  et j’ai vomi par la fenêtre; Aurèle a fait ça va passer et c’est pas vraiment passé.
On est arrivé devant la maison, et j’ai vomi sur le trottoir. Ma muse a fait Bon, il y a encore 6 étages, ça ira ? mais je savais que ça n’irait pas; Aurèle a fait demain y’a des trucs dans un parc, on pourrait y aller, et moi j’ai pensé que demain je serais déjà probablement morte mais oui merci bien bonne nuit.
On a monté les six étages, la Princesse nous a ouvert la porte et j’ai encore vomi. Ma muse a fait elle a mangé un truc qui passe pas bien, la Princesse a fait LOL, moi j’ai fait je crois que je ne digère pas bien la tartine de pâté, elles ont dit que je me débrouillais mais que j’avais pas intérêt à vomir sur le parquet, je suis allée dormir, elles sont allées dormir, et demain sera un autre jour.

Le lendemain, c’était peut-être un autre jour, mais un jour assez pourrave avec du coca zéro, des enquêtes exclusives sur une grosse personne anglaise de trois cent kilos et une absorption considérable de graisses saturées.

Bref, on a bien rigolé.

21 réflexions sur “Avec les gens, ça fait un bail qu’on se connait

  1. j’ai déja vecu ca (sans mojito, avec des vodka pomme de qualité mediocre mais au pouvoir alcolisant certain) (et sans vomi dans les mains pcq moi JE SAIS ME TENIR)

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  2. « cette femme passe son temps libre à coudre des éléphants en peluche, alors j’aime autant vous dire qu’elle en connait un rayon sur la maturité). »

    hahaha, je pense à elle et je ri.

    Sinon, on fait un concours de vomi au truskel entre 30naire dans le 15 quand tu veux, et j’te met la misère ! (sauf que je ne vomis pas dans les taxis, car pour un vomito c’est déontologiquement très mal) !

    P’tite joueuse !

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  3. très très drôle! bravo!
    je me souviens, il y a de ça une bonne centaine d’années, avoir vomi un jour dans un train.
    30% contre la vitre, 60% dans mes mains, le reste ayant mystérieusement disparu, vraisemblablement dans la casquette du contrôleur. Aussitôt après, j’avais bien dû me résoudre à en ravaler environ 70 %, toutes catégories confondues : je n’ai pas trouvé d’autre issue (j’étais si jeune à l’époque)
    tu devrais -mais peut-être le fais tu déjà – gagner de l’argent, mais beaucoup d’argent, avec tes textes!

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