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et les colliers en cuir, soit 2) portent des blousons avec des aigles dans le dos et ne se lavent pas les cheveux. Personnellement, je n’ai pas beaucoup de dark metal dans mon Spotify – en comparaison ce que j’écoute rivalise de naïveté avec S Club 7.

Samedi, la soirée avait si bien démarré  (notre hôtesse nous avait montré des vidéos de l’Internet où elle chante de la salsa en japonais, il n’y a pas de hasard) qu’avec les gens on s’est dit qu’on allait pas se quitter comme ça, que c’était trop bête et qu’on n’avait qu’aller au Dunckerclub de l’autre côté de la rue (l’équipe de foot, Aga et moi étions les gens susmentionnés).

A vrai dire, c’est Victor qui m’a présenté l’équipe de football, car personnellement je ne pratique pas cet art (même si j’étais un redoutable ailier droit quand j’étais en CM1 – les filles ne voulaient pas jouer avec moi car je ne connaissais pas les épisodes d’Hélène et les Garçons et que ma mère me donnait des clémentines pour le goûter). Vu que c’est l’équipe de Victor, c’est forcément l’équipe la plus citoyenne du monde de la terre (avec toute l’amitié que j’ai pour cet homme, je dois dire que c’est un sale multiculturophile, le genre de personne qui aime le « cosmopolisme » et la bouffe somalienne). Il y a les suédois qui font un groupe de musique, l’australien qui parle japonais, un espagnol du design graphique (un métier très original à Berlin), un autre espagnol du freelance international (un autre métier très original à Berlin), un polonais du canada et le coloc de l’australien, qui s’excuse tant bien que mal d’être schleu. Un peu comme si on avait réuni tous les mecs de la ville qui n’ont pas fait d’Erasmus et qu’on leur avait dit, allez-y les mecs, c’est le moment de saucer. 

Bref, c’était bien parti.

J’avais pris soin de me munir d’une robe à col claudine que j’aurais pu porter à n’importe quel baptême amish, alors laissez moi vous dire que quand on est arrivé dans le club, je me suis immédiatement sentie très à l’aise au milieu de tous ces gens qui dansaient sur une musique que je croyais exclusivement réservée aux meetings de l’extrême droite danoise. Bref, c’était carrément le délire. L’équipe est allée chercher à boire, elle m’a dit tu veux quoi, j’ai dit du coca zéro, elle est revenu avec un shot de vodka, j’ai voulu dire non pas de vodka, et puis je me suis dit que si je disais non ils allaient penser que j’étais une taffiole, j’ai bu le shot, j’ai pensé que j’étais une taffiole, j’ai bu un deuxième shot et j’ai pensé que j’étais une taffiole sans personnalité. On a bien rigolé.

A un moment, je faisais tout ce que je pouvais pour éviter de parler aux suédois qui avaient commencé le processus d’alcoolisation douze heures auparavant, mais l’un d’entre eux s’était mis dans la tête de me faire parler français, avec l’ambition de comprendre ce que je lui racontais car il a étudié cette langue deux ans à l’Alliance Française du Cameroun (genre). J’ai compris qu’il fallait que je me sorte de ce piège, j’ai regardé autour de moi, il y avait que des grands types avec des piercings et des tatoos, l’équipe était partie fumer, je ne fume pas, j’ai décidé de rester, le suédois me parlait toujours, il alignait pas deux mots, c’était fatigant, j’ai décidé de rentrer chez moi.

J’ai trouvé un taxi, j’ai dit mon adresse, j’ai pas pensé à bien articuler, le chauffeur a dit c’est par là ? j’ai répondu chais pas mec, c’est ton boulot et t’as un GPS, j’ai mis mes écouteurs, j’ai pas fait gaffe, il m’a dit on est arrivé, j’ai regardé par la fenêtre et on était pas du tout arrivé. J’ai dit que non, que j’habitais pas du tout là, il m’a dit ça fera dix huit euros, j’ai fait mec, je.n’habite.pas.là, il m’a répété l’adresse, j’ai dit tu brûles, mais remplace le N par le L et puis -je-t’ai-dit-Neukölln-pas-Köpenick-bouffon. Il a dit ach so merde, j’ai dit écoute j’ai pas cinquantes écus sur moi, donc ramène moi à ma demeure, désolée pour toi (j’étais surtout désolée pour moi à vrai dire).

Je me suis félicitée d’avoir fermement refusé les autres boissons alcoolisées. Mais du coup, je ne sais pas si l’équipe voudra encore être amie avec moi.

Je vais réfléchir à ce problème (je vous tiens au courant).

2 réflexions sur “D’habitude, la musique du hard rock c’est fait pour des gens qui soit 1) aiment la mort

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