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je dois avouer que je n’ai pas réussi à attirer Daniel Brühl samedi, pour cette soirée qu’on organisait avec Victor (il a pourtant reçu notre invitation sur Facebook, comme tous nos 1,056 amis).

A ce propos, je ne sais pas si vous avez remarqué cette chose à propos des invitations Facebook : les gens qui répondent (oui/non/peut-être/j’ai piscine), c’est ceux (comme moi) qui n’ont pas une vie assez intéressante pour savoir ce qu’ils feront le ouikènd prochain. Ou ceux qui n’ont pas peur de s’engager ? Je vois d’ici le tableau comme quoi oui j’aimerais bien aller à cette fête, mais d’ici là j’aurais peut-être l’opportunité d’aller faire du sexe avec Rihanna à Miami, donc je ne réponds pas et je me pointerai uniquement si je n’ai rien trouvé de mieux. Fin de la parenthèse.

On avait décidé d’investir un endroit de qualité qui a l’énorme avantage d’être à deux minutes à pieds de chez moi et de posséder une licence de débit de boissons (et dans « boissons », on inclut cette vodka polonaise de contrebande qui coûte trois centimes à l’import). Autant dire que c’était bien garanti vrais gens à gogo. Bref, on est trop des oufs : on fait des soirées chez les pauvres.

A défaut d’avoir Daniel Brühl, on avait réussi à attirer des personnes aussi incroyables que Christoph (estampillé 100% schleu), Cécile, Anja, et l’équipe de football presque au complet.

Christoph, qui est un Allemand du capitalisme germanique mondial, est arrivé et il m’a fait ah oui comme quoi j’avais choisi un endroit plein de pauvres et d’étrangers et que c’était bien, que ça le changeait. Ce n’était pas pour déplaire à Victor qui était très satisfait du casting puisqu’il s’est empressé de me faire remarquer en arrivant que si on avait voulu payer des figurants, c’est ceux-là qu’on aurait pris, et que là on les avait pour gratos. Anja, qui est une Allemande qui représente une catégorie à elle toute seule (celle des personnes incroyablement fréquentables), était un peu malade et elle est partie trop tôt (trop tôt pour voir Cécile danser le rock’n roll avec un Polonais de cinquante ans possédant un très bon sens du rythme, mais à peu près aussi attirant que les leftovers de flageolets de la veille).

Pendant tout ce temps, moi je prenais soin de l’ambiance musicale en tâchant de faire plaisir à tout le monde (mais quand même plus à ces grands polonais en costumes de maquereau habits du dimanche, car j’avais fort peur qu’ils me tapent ou qu’ils me volent mon ordinateur*).

*j’ai beau penser que c’est de la merde (j’ai un mac), je souhaite tout de même conserver mon outil de travail encore quelque temps VU CE QU’IL M’A COUTÉ merci bien.

Honnêtement, je ne sais pas trop ce que c’est qu’un bon DJ, mais si c’est une personne qui arrive à se concentrer sur une playliste tout en menant de front une conversation culturelle au sujet du festival du film pornographique de Berlin, alors sans me vanter je cartonne pas mal. Pour votre gouverne, un des courts métrages les plus remarqués cette année nous vient d’une réalisatrice lesbienne et traite de cette pratique encore trop confidentielle qu’est le fist fucking. Comme quoi bosser pour Arte ça légitime facilement une conversation qui serait considérée comme totalement dépravée si elle était tenue par n’importe quel connard dans un PMU du Maine et Loire.

C’est quand j’ai commencé à mettre des chansons qui n’étaient pas interprétées par Beyoncé ou Puff Daddy que le plombier polonais (sans mauvais jeu de mots : cet homme de Lodz était véritablement vêtu comme dans Mario Bros) est venu me parler pour me faire subtilement comprendre qu’éventuellement il aurait bien envie de me quenne une fois que j’aurais fini mes petites affaires aux platines. Zychuyzwz icsz kortechwoyiwrcr, il a bagayé (l’alcool ça rend bête). Je ne parle pas polonais Monsieur, j’ai fait comme ça, mais bonne soirée à vous aussiZychuyzwz icsz kortechwoyiwrcr, il a répété. Je…, j’ai commencé, avant de le regarder dans les yeux assez longtemps pour n’y trouver aucune étincelle et comprendre qu’il n’y avait clairement personne à la maison. Bon bin Nasdrovia, j’ai fait. Nasdrovia, il a répété – à la suite de quoi il m’a fait un gros high five à la manière d’un bon copain (un copain qui aurait l’espoir de coucher avec moi parce qu’il m’a filé une rose et un shot de Zubrowka)(LOL).

Avec tout ça je n’ai pas trop eu le temps de m’occuper de Vincent qui était venu de France pour passer du bon temps à Berlin avec ses amis de l’Alsace conquérante (mais entre nous j’espère surtout qu’ils ont profité du spectacle de rock’n roll gratuit offert par Cécile et son cavalier, à qui je décerne le prix du couple le plus improbable de la soirée du monde international).

Mais à vrai dire je m’en fous, moi tout ce que je veux c’est pouvoir crier sur tous les internets que j’ai fait la fête avec un plombier polonais (un de ceux qui vole les emplois des braves gens).

La classe.

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3 réflexions sur “Quitte à décevoir ma mère (encore une fois),

  1. Finalement, tu as eu deux conversations passionnantes, que l’on peut synthétiser de la sorte :

    Un siphon, phon, phon, les petites marionnettes…

    J'aime

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